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Points clés à retenir
- Substitution ou complémentarité : L’IA peut détruire des emplois dans les métiers à forte composante cognitive (informatique, finance), mais aussi en créer via des gains de productivité.
- Hausse des annonces de licenciements : Depuis 2025, les suppressions de postes attribuées à l’IA se multiplient, mais représentent moins de 6 % des licenciements totaux, un effet amplifié par la communication des entreprises.
- Nécessité de politiques actives : La formation et la reconversion sont essentielles pour accompagner les travailleurs et tirer parti de l’IA sans aggraver les inégalités.
Les deux visages de l’IA sur l’emploi
La direction générale du Trésor vient de publier une note Tresor-Eco qui dissèque les effets contradictoires de l’intelligence artificielle générative sur le marché du travail. Soyons clairs : le tableau n’est pas univoque. D’un côté, l’IA peut se substituer à certaines professions dont les tâches répétitives et cognitives sont automatisables. De l’autre, utilisée comme un simple complément, elle accroît la productivité et stimule la demande de main-d’œuvre.
Ce double canal est au cœur de l’analyse. En pratique, les premières vagues de licenciements liées à l’IA se concentrent dans les secteurs les plus exposés : l’informatique et la finance. Les tâches de traitement de l’information, de raisonnement analytique et de synthèse sont particulièrement vulnérables aux grands modèles de langage (LLM). Ce qui fait vraiment la différence, selon le Trésor, c’est l’effet selon l’âge des collaborateurs. Chez les jeunes moins expérimentés, l’IA peut réduire le déficit de productivité en début de carrière, mais en automatisant les missions codifiées, elle freine l’insertion professionnelle des juniors.
Une hausse des licenciements justifiée par l’IA
Si les métiers physiques – ciblés par la robotique – sont pour l’instant moins concernés, les tâches relationnelles occupent une position intermédiaire. Mais attention : l’IA peut aussi soutenir l’emploi dans des professions dont certaines tâches sont substituables, par exemple en améliorant la cybersécurité ou les processus de production. Le Trésor met en garde : l’absence d’effet agrégé visible ne signifie pas absence de destructions. Depuis 2025, les annonces de suppressions de postes attribuées à l’IA se multiplient, tant aux États-Unis qu’en France. Selon le baromètre du numérique 2025, 62 % des Français perçoivent l’IA comme une menace pour l’emploi.
Ce qui fait vraiment la différence, c’est que 59 % des entreprises américaines admettent utiliser l’IA comme prétexte pour justifier des gels d’embauche ou des réductions d’effectifs, masquant souvent des difficultés structurelles. Le phénomène de justification technologique est bien réel.
Des destructions réelles… mais limitées
En 2025, les suppressions de postes directement attribuées à l’IA ont représenté entre 4,5 % et 6,2 % des licenciements annoncés aux États-Unis. Un chiffre à relativiser : ces destructions sont diluées dans des flux bien plus massifs de créations et de suppressions. En miroir, les données de LinkedIn ne montrent aucun effet discernable de l’IA sur les embauches dans les métiers les plus exposés. De même, selon l’OCDE, les variations d’emplois vacants dans les secteurs exposés à l’IA ne diffèrent pas significativement des autres, sauf aux États-Unis.
Le Trésor rappelle que lors des révolutions technologiques passées, les emplois créés ont compensé ceux détruits, et le contenu des professions s’est transformé en profondeur. L’enjeu réside donc dans l’accompagnement : politiques publiques de formation et de reconversion pour soutenir les travailleurs menacés. Dans un contexte de concurrence internationale, investir dans l’IA est nécessaire pour préserver la compétitivité – et donc l’emploi – qui sera de plus en plus lié à l’adoption de ces technologies.
En pratique, cela signifie que vous devez, dès maintenant, former vos équipes aux usages de l’IA, anticiper les reconversions nécessaires et ne pas céder à la panique des annonces de licenciements. Ce qui fait vraiment la différence, c’est la capacité à intégrer l’IA comme un outil de productivité et non comme une simple machine à supprimer des postes. Le rapport qualité/prix de cette transformation dépendra de votre agilité à investir dans le capital humain.

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Expert en outils digitaux et productivité depuis plus de 12 ans, ancien chef de produit dans l’univers SaaS, j’analyse et teste des dizaines de solutions chaque année.
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