ANSSI adopte une doctrine open source pour la cybersécurité

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La stratégie open source de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) vient de passer à un stade supérieur. Ce qui était jusqu’alors une série d’initiatives isolées se transforme désormais en une doctrine officielle, structurée autour de l’ouverture systématique des codes sources et des données.

Une formalisation stratégique

Soyons clairs : l’engagement de l’ANSSI en faveur de l’open source n’est pas nouveau. L’agence publiait déjà le code de Clip OS en 2018, suivie par WooKey en 2019 et d’autres outils de formation.

Ce qui fait vraiment la différence aujourd’hui, c’est le passage d’actions ponctuelles à un cadre stratégique défini. L’agence affirme désormais défendre par défaut le principe d’ouverture, avec une préférence marquée pour les licences permissives, notamment Apache 2.0.

Les quatre piliers de la nouvelle doctrine

En pratique, cette doctrine se décline en un plan d’action articulé autour de quatre axes principaux :

  • Publier des logiciels de cybersécurité en open source
  • Contribuer activement à des projets externes existants
  • Renforcer et soutenir l’écosystème open source dans son ensemble
  • Utiliser en priorité des solutions open source dans ses propres développements

Cette approche vise explicitement à renforcer la maîtrise des solutions numériques, la sécurisation des chaînes logicielles et la résilience des systèmes d’information.

Un écosystème étendu

L’ANSSI ne travaille pas en silo. L’agence précise que ses initiatives s’inscrivent dans une collaboration avec de multiples acteurs : administrations centrales et territoriales, opérateurs d’importance vitale, fournisseurs, monde académique, et agences européennes homologues comme la BSI allemande ou l’ENISA.

Ce qui fait vraiment la différence dans cette stratégie, c’est la volonté de démultiplier l’impact. En contribuant à des projets publics, l’agence évite de dupliquer des efforts, réduit la charge de travail de ses équipes et bénéficie en retour des améliorations apportées par la communauté.

En pratique, cela signifie qu’un outil de sécurité développé ou amélioré par l’ANSSI profite simultanément aux ministères, aux opérateurs critiques, à ses partenaires et à l’ensemble des utilisateurs concernés.

À retenir : L’ANSSI officialise une doctrine open source structurée autour de quatre axes. La stratégie privilégie les licences permissives pour maximiser la réutilisation. L’approche collaborative vise à démultiplier l’impact des développements de sécurité.

Une orientation pérenne

Cette formalisation marque une étape importante dans la politique numérique de l’État. Elle positionne l’open source non plus comme une simple option, mais comme un levier stratégique pour la souveraineté et la sécurité numériques.

Le choix des licences permissives, en limitant les restrictions commerciales, facilite l’adoption et l’innovation par l’ensemble de l’écosystème. Une approche qui pourrait influencer durablement les pratiques de développement sécurisé en France et en Europe.